Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/08/2015

_Conan Meets the Academy_

Conan Meets the Academy : Multidisciplinary Essays on the Enduring Barbarian : Jonas PRIDA (editor) : 2013 (d'après le copyright) : McFarland (ne semble pas faire partie de l'habituelle série "Critical explorations in Science Fiction and Fantasy") : ISBN-13 978-0-7864-6152-3 (la fiche ISFDB du titre): 216 pages (y compris bibliographie) : coûte 35USD pour un TP disponible chez l'éditeur qui existe aussi en e-book.

Conan meets the academy.jpg

Le personnage de Conan est sans doute celui qui symbolise le mieux l'Heroïc Fantasy aux yeux du grand public (plus que ceux de Tolkien qui sont individuellement moins connus). Depuis sa création par Howard dans les années 30 (dans la revue Weird Tales) et avec l'aide de multiples déclinaisons ou reprises (romans, nouvelles -parfois sous d'autres plumes-, images -pensez Frazetta-, comics et surtout films) il incarne "le" barbare à la grande épée qui massacre son chemin dans un univers vaguement antique. C'est donc sur ce personnage (tel que créé par Howard) mais aussi sur l'icône culturelle qu'il est devenu (essentiellement grâce à Schwarzenegger) que Jason Prida (un professeur d'anglais du Vermont dont c'est là le seul ouvrage connu) a choisi de rassembler ce recueil d'essais.

anglais,conan,2 étoiles

Rassemblant dix essais inédits, cet ouvrage débute par une préface et une introduction de Prida qui visent à mieux préciser les contours du phénomène Conan. L'ouvrage est ensuite divisé en deux parties. La première (6 essais) est consacrée au "vrai" Conan (c'est à dire celui qui ressort des propres textes de Howard) et aborde plusieurs pans de l'univers créé par l'auteur à divers niveaux : sa géographie (et ses probables sources d'inspiration), le concept même de barbare tel que raffiné par REH au fil de ses écrits, les liens entre les femmes et la civilisation dans cet univers fictif, les liens avec le Western, les stéréotypes raciaux de l'auteur et enfin appliquent des méthodes d'analyses statistiques pour déterminer les "vrais" auteurs de tel ou tel texte. La deuxième partie ne comporte que quatre essais qui débutent par une analyse des liens entre Conan et le sénateur Schwarzenegger puis se focalisent sur le Conan "culturel" en explorant sous l'angle de la masculinité ou de l’homosexualité les communautés électroniques qui se sont constituées autour du héros. Un court index clôture cet ouvrage qui a la particularité d'avoir été écrit majoritairement par des nouveaux auteurs (d'ailleurs plutôt du domaine des études de lettres).

anglais,conan,2 étoiles

Il est surprenant, au vu de sa grande popularité, de constater que cet ouvrage est le premier intégralement consacré à ce héros. C'est à la fois le signe de la faiblesse de la réflexion sur la fantasy (si l'on excepte bien sûr les hordes de livres sur Tolkien) au niveau universitaire et celui d'une évolution des choses. C'est d'autant plus intéressant que cet ouvrage est plutôt séduisant même pour un amateur modéré du genre comme je le suis. La première partie est particulièrement bien faite et éclaire bien, au travers de ses écrit, le personnage qu'était Howard (on échappe quand même heureusement à tout le folklore autour de sa mort). Sans chercher d'excuses, elle nous montre un auteur pur produit de son époque (les années 20-30) et de ses origines (le Texas), des éléments qui résonnent fortement dans son œuvre.

anglais,conan,2 étoiles

Il y a même des essais qui sont assez fascinants mais qui auraient sans doute gagnés à être plus développés (celui sur l'analyse mathématique des textes et celui sur les forums de discussion) et dont la partie "explication de la méthode" est parfois un peu rebutante. Je suis plus dubitatifs sur la seconde partie de l'ouvrage où l'on est plus dans l'énoncé d'évidences ("Conan c'est macho", "on n'aime pas les homos sur Internet", "le rose cela fait fille") malgré des sujets (par exemple les interactions dans les forums de discussion ou la customisation des personnages de MMORPG) qui offrent probablement un grand potentiel d'études. Au final, une bonne surprise sur un sujet qui, à la base, ne m'intéressais pas particulièrement.

anglais,conan,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

04/05/2015

_Holy Sci-Fi!_

Holy Sci-Fi! : Where Science Fiction and Religion Intersect : Paul J. NAHIN : 2014 : Springer (série "Science and Fiction") : ISBN-13 978-1-4939-0617-8 : xviii+224 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 21 Euros chez l'éditeur (ici) pour un tp légèrement illustré qui existe aussi en version e-book.

Holy Sci-Fi.jpg

Sous la plume de Paul J. Nahin (un professeur d'ingénierie américain à qui l'on doit un certain nombre d'ouvrages aux frontières de la science et de la SF ainsi qu'une vingtaine de nouvelles courtes), ce livre se penche sur les interactions entre la SF (en excluant la Fantasy) et la religion. Les rapports entre ces deux domaines ont été souvent houleux sans doute pour cause de compatibilité limitée entre leurs perceptions respectives de l'univers (même s'il existe une Christian SF qui reste confidentielle). Cela n'empêche pas l'existence d'un certain nombre d'ouvrages sur le sujet, dont en particulier celui-ci par McKee au projet et à la construction très proches de celui de Nahin.

anglais,2 étoiles

Après une longue introduction où l'auteur (qui se dit "athée" ou mieux "agnostique") précise sa position par rapport aux religions et aux croyances qu'elles proposent, l'ouvrage se divise en sept parties globalement thématiques d'une vingtaine de pages chacune. Dans la première d'entre elles, l'auteur se penche tout d'abord sur la proto-SF. Il passe en revue dans les chapitres suivants les principaux thèmes du genre : la cosmologie, les robots, les ordinateurs, les extraterrestres (surtout sous l'angle SETI), le voyage dans le temps (pour assister à la crucifixion) et enfin la confrontation directe avec les déités. Outre une bibliographie et un index, l'auteur nous offre divers bonus : un article sur les probabilités (sur la théorie des jeux) et cinq short-shorts (trois sont de lui et deux de Benford) issues de Nature et d'Analog. A noter qu'un petit nombre d'illustrations (surtout des comic strips) agrémentent l'ensemble.

anglais,2 étoiles

Il est évident que Nahin emprunte dans ce livre des chemins déjà parcourus par d'autres. On va donc y (re)croiser les habituelles oeuvres qui traitent de la religion : les romans A Case of Conscience (Blish), Behold the Man (Moorcock), The Sparrow (Russell) ainsi que les nouvelles For I Am a Jealous People (Del Rey), The Nine Billion Names of God (Clarke) ou The Quest for Saint Aquin (Boucher). Ce petit air de "déjà-vu" est contrebalancé par la présence de textes nettement moins connus, y compris des mêmes auteurs (par exemple Evensong de Del Rey). Comme avec le livre de McKee, il s'agit d'une promenade dans la mémoire du genre (il y a finalement assez peu de textes vraiment récents étudiés en profondeur si ce n'est celui de Chiang : Hell Is the Absence of God) qui est bien rafraichissante.

anglais,2 étoiles

On pourra quand même trouver que l'ensemble manque pas mal de "structure" et que Nahin se disperse parfois un peu avec des passages un peu hors-sujet (comme par exemple une longue évocation de First Contact de Leinster) ou des digressions un peu envahissantes sur des sujets qui semblent lui tenir à coeur. Tout cela est très sympathique d'autant que l'on évite le prosélytisme omniprésent de certains livres sur le sujet (comme ceux dus à Sammons ou Fernandez). En remerciement de cette balade commentée, on excusera même la petite coquetterie que représente l'inclusion par Nahin de ses propres fictions (qui ne sont d'ailleurs pas terribles mais restent quand même au-dessus de celles de Benford).

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

12/03/2015

_The Oxford Handbook of Science Fiction_

The Oxford Handbook of Science Fiction : Rob LATHAM (editor) : 2014 : Oxford University Press : ISBN-13 978-0-19-983884-4 : xv+620 pages (y compris index) : coûte 97 GBP pour un hc avec jaquette et illustré en n&b, disponible en neuf chez l'éditeur ici.

The Oxford handbook of science fiction.jpg

Ce "manuel" (en tout cas telle est la traduction de son titre) est un exemple récent de cette catégorie de livres, souvent issus de presses universitaires, dont la vocation est de présenter le genre d'une façon "sérieuse" (mais voir aussi ici une autre approche du concept de "handbook" qui existait aussi sous forme de guides plus axés sur le côté pratique comme ceux écrits par De Camp). Ce volume, dirigé par Rob Latham (un professeur de littérature américain et un des editors de la revue SFS), fait partie d'une énorme collection qui aborde tous les sujets possibles et comporte plus de 450 titres (comme on peut le voir ici). Dans cet ouvrage qui se présente sous la forme d'un recueil d'essais, Latham s'est entouré de la fine fleur du monde de la réflexion sur le genre. Citons par exemple des gens comme Bould, Butler, Hollinger, Kilgore, Mendlesohn, Roberts, Seed, Westfahl, Wolfe ou Yaszek (et j'en oublie), même si Latham accueille aussi pas mal de nouvelles plumes extérieures au genre.

anglais,2 étoiles

Après une présentation des nombreux contributeurs et une introduction de Latham qui définit les contours du projet, l'ouvrage se présente sous la forme d'un recueil d'une quarantaine d'essais (inédits) d'une grosse dizaine de pages chacun. Il est divisé en quatre parties qui comportent chacune onze textes. La première : "Science fiction as genre" est (grossièrement) consacrée à une présentation du domaine (histoire, fandom, définition), la deuxième : "Science fiction as medium" explore les divers modes d'expression utilisés (de la littérature à l'architecture en passant par les parcs d'attraction), la troisième : "Science fiction as culture" explore l'interaction du genre avec d'autres domaines culturels ou sociétaux (la science, la sexualité, les UFOs) ou avec certains de ses propres sous-ensembles (Cyberpunk, Steampunk) et la dernière : "Science fiction as worldwiew" couvre les intersections de la SF avec d'autres philosophies ou approches du monde (féminisme, post-colonialisme ou post-humanisme). Chaque essai comporte une courte liste des oeuvres citées et un index clôture l'ensemble. On remarquera dans certains articles un petit nombre d'illustrations en n&b.

anglais,2 étoiles

Comme le dit bien Latham dans son introduction, ce livre n'a pas pour but de présenter un panorama synthétique du genre ni de refléter un éventuel consensus critique. Ceci donne du coup des essais qui sont généralement très pointus et offrent parfois une perspective assez étroite. Consacrer un essai entier aux quelques rares parcs à thèmes SF (dont certains sont même désaffectés depuis des années) est une approche certes originale mais dont la pertinence dans un ouvrage qui se veut quand même assez généraliste (si l'on en croît le matériel publicitaire) peut être aisément discutée. De passer à côté de pans entiers du genre est le risque corollaire de cette approche trop pointilliste. C'est parfois d'autant plus le cas que certains articles (surtout dans la troisième partie) peinent à se raccrocher à la SF (qui en quand même le sujet de l'ouvrage) tellement ils sont impliqués dans leur sujet principal (le design, l'armée ou la cyberculture par exemple).

anglais,2 étoiles

Comme les textes rassemblés sont donc délibérément plus conçus par les auteurs comme des points de départ d'éventuelles discussions que comme des panoramas systématiques, le lecteur un tant soit peu familier avec l'analyse et les écrits sur la SF peut avoir l'impression de lire seulement des ébauches ou des extraits de réflexions plus abouties et plus étoffées. Pour les textes de certains auteurs, j'ai parfois cru (re)lire le premier chapitre (et parfois la conclusion) d'autres ouvrages qu'ils avaient écrit. Roberts sur la philosophie des lumières, Kilgore sur l'astrofuturisme, Westfahl sur Gernsback, Yaszek sur le féminisme, tous ces essais font irrésistiblement penser aux livres entiers écrits par les mêmes auteurs sur les mêmes sujets (ici, , et aussi ). En fait, presque chacun des textes peut être relié ou comparé à un ou plusieurs livres existants (par exemple Resnick & Malzberg sur l'économie du genre ou Sanders sur le fandom) qui abordent le même sujet avec vingt fois plus d'espace. Non pas que les textes regroupés par Latham soient de mauvaise qualité, mais l'ensemble fait quand même "un peu court" et ce d'autant plus si l'on se souvient du prix de l'ouvrage (qui atteint ses 150 Euros). Même si la partie consacrée à la SF non-littéraire est intéressante, l'ouvrage n'offre sans doute pas un immense intérêt en tant que tel mais peut fournir matière à débattre (comme certaines des affirmations dans l'essai consacré aux pulps).

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (voire moins en fonction de la taille de sa bibliothèque de référence)

16/02/2015

_Science Fiction, Today and Tomorrow_

Science Fiction, Today and Tomorrow : Reginald BRETNOR (editor) : 1975 (pour cette édition) : Penguin Books : ISBN-10 0-1400-3921-X : ix+342 pages (y compris index) : coûtait 2.95 USD pour un poche non illustré.

SF today and tomorrow.jpg

Publié par la branche américaine de l'éditeur britannique Penguin, cet ouvrage est la reprise en poche d'un titre initialement paru en 1974 chez Harper & Row en relié. Sous la houlette de Reginald Bretnor, un touche à tout aux multiples activités dans le genre (auteur de romans et de nouvelles, essayiste, anthologiste) et dans la lignée de son Modern Science Fiction (un livre évoqué ici), cet ouvrage est un recueil d'essais "sur invitation" et avec un sommaire (globalement) prédéterminé par le concepteur de l'ensemble. Le but de Bretnor était, d'après son introduction, de dresser une sorte d'état des lieux du genre comme il l'avait déjà fait en 1953.

The Schimmelhorn file (Ace 1979-02).jpg

On va retrouver dans cet ouvrage une structure similaire à celle de son prédécesseur, à savoir une compilation d'essais originaux dus à des professionnels du genre (et non à des intervenants extérieurs à celui-ci), ici essentiellement des écrivains (seul Bova et Pohl pouvant prétendre à une double casquette). Les quinze articles proposés (d'une vingtaine de pages chacun) sont divisé en trois parties inégales : "Science Fiction Today" (Bova, Pohl & Zebrowski) qui dresse un portrait du genre tel qu'il était en 1974, "Science Fiction, Science and Modern Man" (Herbert, Sturgeon, Scortia, Nourse & Bretnor himself) plus orienté vers les thématiques propres au genre et "The Art and Science of Science Fiction" (Gunn, Panshin, Anderson, Clement, McCaffrey, Dickson & Williamson) qui se focalise sur des aspects plus techniques au niveau de l'écriture. Chaque essai est suivi par une petite présentation bio-bibliographique de son auteur. Une liste d'autres ouvrages de référence (brièvement commentée) et un index clôturent l'ensemble.

anglais,2 étoiles

Comme toujours avec un ouvrage de cet âge canonique (40 ans), il est clair qu'une partie des essais (surtout ceux de la première partie, les conseils marketing de la dernière, les considérations sur l'enseignement de la SF ou les tendances futures du genre) ne peut désormais présenter d'intérêt que dans une approche historique et pour évaluer comment était perçu à l'époque l'état du genre. Les essais de la deuxième partie, d'orientation thématique, gardent une certaine pertinence comme base d'étude sur des problématiques "centrales" de la science-fiction (les catastrophes, l'espace, la religion...), bien évidemment au prix d'une actualisation des références citées.

anglais,2 étoiles

Les articles qui ont sans doute le moins vieilli sont surement ceux de la troisième partie qui se rapportent directement au processus d'écriture de la SF et à ses spécificités. Des essais comme ceux de Anderson et Clement sur la construction de mondes ou d'êtres imaginaires gardent toute leur pertinence (ils sont d'ailleurs parmi les rares à avoir été repris dans les années 90) même si les conseils prodigués se retrouvent souvent dans la multitude des guides pour aspirants-écrivains. Malgré un indéniable côté dépassé, le fait que les essayistes soient des professionnels aguerris confère quand même un certain intérêt à cet ouvrage (outre l'aspect historique), ne serait-ce que parce qu'il était en prise directe avec le genre.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

29/01/2015

_Les dieux cachés de la science-fiction française et francophone (1950-2010)_

Les dieux cachés de la science-fiction française et francophone (1950-2010) : Natacha VAS-DEYRES & Patrick BERGERON & Patrick GUAY & Florence PLET-NICOLAS & Danièle ANDRE (editors) : 2014 : Presses Universitaires de Bordeaux (#111 de la revue Eidôlon) : ISBN-13 979-10-91052-11-5 : 314 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 23€ pour un tp non illustré disponible en neuf via le site de l'éditeur ici.

français,2 étoiles

Deuxième numéro de la revue Eidôlon à être consacré de façon claire à la SF, après le décevant numéro 91, cet ouvrage profite de la relative vogue des études sur la science-fiction française (voir par exemple les récents ouvrages importants de Bréan et Vas-Deyres, des auteurs qui figurent d'ailleurs au sommaire de ce numéro). Il s'agit ici du résultat d'un travail collectif entre deux universités canadiennes et le CLARE, une unité de recherche de l'université de Bordeaux, travail qui porte sur la SF d'expression française depuis ses débuts puisqu'il sera suivi en 2015 par un autre volet consacré à la période 1890-1950. Dans le droit fil d'une célèbre enfilade sur un forum de discussion, ce recueil d'essais cherche à découvrir quels sont les principales forces (les "dieux cachés" du titre : politique, métaphysique, religion...) qui ont influencé l'évolution de la SFF.

français,2 étoiles

Après un avant-propos qui détaille le projet et une préface de Gérard Klein qui vise à découpler historiquement la SFF de la SFUS, l'ouvrage s'organise en cinq parties comportant un nombre variable d'essais (eux-mêmes de taille très variable, de moins de 10 à plus de 25 pages) qui semblent inédits. La première partie rassemble trois essais autour de l'angle politique (Andrevon, le Cyberpunk et Pelot), elle est suivi par cinq textes sur les "marges et singularités" (Brussolo, Bordage, Houellebecq, une expo de SF en 1967-68 et une comparaison entre deux films français de SF). On trouve ensuite quatre essais autour de la disharmonie (divers films, le post-apocalyptique francophone). La quatrième partie explore la spiritualité et la religion (avec six articles entre autre sur Vonarburg -et sa réponse-, Bordage et Henneberg). Enfin, la dernière section aborde le domaine de la bande dessinée (4 essais sur la SF jeunesse, Valérian, Bilal et Jacobs). Une bibliographie générale et deux index (noms et oeuvres) clôturent l'ensemble.

français,2 étoiles

Par rapport au numéro précédent de cette revue, on constate une nette hausse du niveau des articles (qui va peut-être de pair avec un certain renouvellement, même si l'on rencontre des signatures connues dans le domaine de l'étude francophone du genre). On peut dire que ce recueil est largement du niveau de ses homologues anglo-saxons du type de ceux publiés par Greenwood Press par exemple. Du coup, on y retrouve le même manque de focalisation qui se traduit par un côte un peu hétéroclite des thèmes abordés dont le lien avec le projet de l'ouvrage semble parfois bien ténu, comme le texte  sur l'exposition "Science-Fiction" au musée des arts modernes (au catalogue célèbre) qui relève soit de l'anecdote, soit de la mission impossible (évoquer une exposition sans en monter une seule image) soit de la mégalomanie (la conclusion suggère vaguement que l'apparition de nombreuses collections spécialisées en est la conséquence). On y trouve aussi ce penchant caractéristique pour des sujets "acceptables" comme l'article sur Houellebecq qui n'est certainement pas le premier nom auquel on penserait pour évoquer les "dieux" de la SF mais plus une classique tentative de trouver une caution littéraire.

français,2 étoiles

Malgré quelques scories au niveau des essais dans leur ensemble (la préface de Klein qui se tire dans le pied tout seul, certains qui semblent mal construits comme celui sur le CP qui comporte plus de notes que de texte ou d'autres qui ne sont que des listes comme celui sur les fictions post-apocalyptiques) ou sur des points de détails (des étonnantes fautes d'orthographe, des raccourcis dans les présentations de l'histoire éditoriale du genre ou des affirmations un peu hâtives par exemple sur l'imagerie Cyberpunk), le résultat est intéressant avec la plus-value pour le lecteur francophone d'aborder des auteurs d'expression française (donc peu étudiés) avec des articles d'une longueur significative (Andrevon, Pelot, Bordage, Brussolo malgré l'excès d'emphase) même si elle peut parfois sembler trop courte. Tout n'est pas forcément d'une originalité folle (les articles sur Besson et Jacobs donnent particulièrement une impression de déjà-vu tellement on a pu écrire sur ces créateurs et leurs univers) mais l'ensemble vaut largement le coup et confirme les progrès des ouvrages de référence en VF.

français,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles